LE SYSTEME DE DEPART ou arbre de Noël
Un jour ou l’autre, tout passionné de dragster franchit le pas : il s’inscrit à une « course ».
Reprise de cet article de notre ami Fox, pour ceux qui n'auraient pas encore compris la procédure !?
Du simple
« run what ya brung » à la finale de championnat d’Europe, il va y rencontrer une constante : l’arbre de Noël !
N’allez pas croire en lisant ça qu’il s’agit d’une coutume réservée aux nouveaux venus, coutume lors de laquelle les organisateurs installent un joli sapin devant votre caravane dans le paddock, avec les guirlandes et les boules, non, ce n’est pas ça DU TOUT !
Quand aux boules, vous les aurez bien assez vite, lors de votre future élimination par cette foutue Corvette, entrevue là-bas, dans le parc, mais c’est une autre histoire.
Non, il s’agit du système de départ utilisé pour les courses d’accélérations.
Après des années de tâtonnement, d'essais, de drapeaux maniés avec art par des commissaires en mal de spectacle, à l’agitation de chiffons divers allant du foulard en passant par le soutien-gorge ou la petite culotte par de jolies filles avides de sensations fortes, les départs de courses se devaient de devenir imparables, devenant même partie intégrante de la course elle même.
La seule réponse aux faux départs, aux tricheries possibles, aux estimations douteuses et à la bonne foi prise en défaut, se devait d’être électronique.
C’est là que vous entrez en scène !
Vous avancez vers la ligne de départ, et tout à coup, vous êtes confronté à un lampadaire de deux mètres de haut, auquel est accroché une poignée de loupiottes multicolores !
Sur un plan esthétique, c’est joli, mais, comment ça marche ?
Examinons la chose de prés.
Tout d’abord considérons un côté à la fois : tout en haut,
deux petites ampoules jaunes, baptisées
« pré stage », puis en dessous, la même chose appelé
« stage », suivie d’une cascade de trois gros spots jaune-orange, d’un spot vert et pour finir d’un vilain spot rouge (pourquoi « vilain » ?)
Regardons la ligne de départ, sur la piste, maintenant : trois lignes imaginaires sont matérialisées par trois cellules photoélectriques, disposées de chaque côtés de la piste.
A la première ligne de cellules sont attribuées les lampes « stage » et à la deuxième, distante de la première d’un grosse dizaine de centimètres, les lampes « pré stage ».
Ca y est, vous savez le principal !! (je reviendrais sur la troisième ligne, plus tard). Le chef de piste vous fait signe de vous avancer sur votre voie.
A quelques centimètres de la première cellule, il vous immobilise. Vous êtes maintenant seul maître à bord ! C’est vous et vous seul qui allez procéder à votre placement sur la ligne de départ. Quand l’ordre vous en sera donné, vous allez avancer jusqu'à couper la première ligne de cellules.
Aussitôt, les lampes « pré stage » s’allument. Vous avancez encore, jusqu'à couper la deuxième ligne de cellules : allumage des lampes « stage ».
Vous immobilisez votre véhicule ! A cet instant précis, tout est OK, tout est simple : « pré stage » et « stage » sont allumés. Vous voilà placé, vous êtes devenu, un pilote !
Que se passe t’il ensuite ?
Et bien lorsque la voiture d’à côté aura fait la même chose, le chief starter presse un bouton, et la séquence de départ démarre : les trois lampes jaune-oranges (en fait, on dit « ambre » !) s’allument ensemble pendant
4/10ème de seconde, puis la lampe verte s’allume, donnant le signe de départ !
Vous écrasez la pédale d’accélérateur, des litres de C16 VP Fuel s’engouffrent dans votre pipe M1, transformant votre paisible auto en monstre d’acier indomptable, etc, etc.
Ca, c’est quand tout se passe bien, mais surtout, si vous attendez de voir la lampe verte s’allumer pour démarrer, autant dire que le gars d’à côté ne va pas vous avoir attendu, lui !
Adieu, rêves de gloire. Adieu, podium. Adieu, Pom Pom Girls.
Alors ?
Alors c’est là que vos ennuis commencent !
Comment faire pour apprivoiser l’arbre de Noël ?
Revenons au fonctionnement :
- la séquence d’allumage des trois lampes « ambres » dure 4/10ème de seconde puis le vert s’allume.
- Soudons la pédale au plancher pendant l’allumage des trois lampes « ambres » et le tour est joué !
ATTENTION : c’est là qu’intervient la clef de voûte du système ! Tout « l’art » de ce sport consiste à démarrer avant l’allumage du « vert », sans toutefois quitter le « stage » avant la fin des 4/10ème, ou c’est le vilain « rouge » qui s’allume à la place, et vous pouvez charger la remorque avec votre auto, éteindre le barbecue, et démonter le barnum !
L’anticipation doit être juste pile-poil ! C’est un métier ! En fait, c’est extrêmement facile : vous avez une latitude de mouvement de moins de 10 centimètres et moins de la moitié d’une seconde pour réussir votre départ ! Fastoche !
La troisième cellule (enfin) a une fonction de « chien de garde » : elle ne doit en aucun cas être coupée par une quelconque partie de l’auto EN MEME TEMPS que la cellule « stage » ! Résultat immédiat : c’est un « rouge » ! Ceci pour éviter une « tricherie » de certains concurrents qui allongent ainsi la partie de leur auto déclenchant les cellules, dans le but de gagner quelques dizaines de centimètres sur le trajet parcouru. (Tous les centimètres gagnés au départ sont des centimètres gagnés à l’arrivée ! On en reparlera dans un autre article)
Bon, vous avez saisi la fonction départ du feu.
Voyons les autres fonctions : le chrono, sur lequel repose quand même une grande part de l’intérêt de ce sport, démarre lorsque vous quittez la cellule « stage ».
Il ne s’arrêtera que lors du franchissement d’une autre cellule, située 402.32m (1/4 de mile) plus loin. Une cellule situé
60 pieds après celle de « stage » donne une indication de l’accélération du véhicule sur une courte distance,
le
« launch » Une autre cellule, située à 201.16m (1/8 de mile), donne le temps intermédiaire.
Un autre jeu de cellules, nommé en anglais « speed trap » et situé aux deux distances, donne la vitesse intermédiaire (1/8ème de mile) et la vitesse terminale (T.S pour Terminal speed) à l’arrivée.
Une autre donnée est très importante : c’est le
«temps de réaction » ! C’est le temps écoulé entre l’allumage du « vert » et le fait de quitter le « stage » !
S’il est inférieur au fameux 4/10ème, c’est le « rouge » assuré, si il est égal, c’est le temps de réaction idéal, si il est plus proche de deux secondes, changez de sport, essayez la pétanque ou les échecs, voire même consultez un médecin.
Récapitulons : vous savez vous placer sur la ligne de départ, vous avec compris comment anticiper un poil l’allumage du vert sans faire un « rouge » (les anglophones disent un « foul ») et faire un bon R.T (Réaction Time)…Votre véhicule est une balle de fusil chromée et vous allez faire un super E.T (Elapsed Time ou Temps Ecoulé…)
Votre « 60 feet » est inférieur à 1.8 seconde, c’est plutôt pas mal parti, non ?
Ca y est, vous avez compris le fonctionnement du feu de départ !
Il y a deux types de départ couramment utilisés : le « pro start », dont la séquence de départ est celle décrite ci dessus (les trois « ambres » allumés ensemble pendant 4/10 eme de seconde), et le « sportsman », dont les lampes « ambres » s’allument chacune leur tour, espacées de 5/10 eme de seconde.
Inutile de vous dire que tout ça est loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît à première vue, et que bien des ficelles vous restent encore à découvrir.
Mais un grand pas est fait : l’arbre n’a (presque) plus de secrets pour vous !
Source www.Francedrag.com